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De quoi demain sera-t-il fait ? est l’axe autour duquel se décline J’envisage de te vendre (j’y pense de plus en plus). J’imagine que cette interrogation universelle a pris corps avec les premières manifestations de la réflexion créative chez Sapiens Sapiens et que, depuis, elle ne nous a plus lâchés. Le désespoir des roses, est la nouvelle fondatrice qui donne le titre du recueil. Elle m’est apparue alors que je recevais le Prix Prométhée de la nouvelle. La première phrase s’est imposée : L’autre jour, j’ai vendu ma mère. C’était à Lourdes – faut-il pour autant en tirer des conclusions spirituelles hâtives ?

 

Entre temps, d’autres livres se sont écrits, d’autres projets ont vu le jour. Le texte restait en filigrane et suivait sa propre voie. Première publication dans la revue  Brèves, traduction au Brésil dans la revue Arte y letra, lectures publiques. En souterrain, la cuisine s’élaborait à mon insu : des chroniques radios en prises avec l’actualité et les grands thèmes de société ; ma collaboration avec une anthropologue ; une éditrice friande de nouvelles ; la lecture de La Servante écarlate de Margaret Atwood… et tant d’autres petits cailloux qui, tous, me conduisaient à écrire ce livre.

 

De quoi demain sera-t-il fait ? Douze probabilités, douze explorations du possible. Et si les femmes ou l’eau, venaient à manquer ? Si on vous obligeait à jouer ? Si les monothéistes du monde se donnaient la main pour mieux nous gouverner ? Si on lâchait la bride à la justice populaire ? Et si, et si…

 

Une fois le recueil publié, il a refusé de se figer dans une forme. Il a débordé de toutes parts, en court-métrage, adaptation radiophonique, spectacle transmédia, lecture théâtrale, improvisations, artlab... Une traductrice irlandaise s’est emparée du recueil. Bientôt The Despair of roses paraîtra dans la revue Asymptote.

 

De quoi demain sera-t-il fait ? Pour moi, d’une seule devise : Bouilleuse de cru étudie propositions de la vie – Pisse-froid s’abstenir.

Quelle idée de me faire revenir en votre monde ?

Le vieil hidalgo s’assoit tant bien que mal dans le fauteuil défoncé en cuir rouge de mon bureau. Une armure, même assemblée de bric et de broc, n’est pas très confortable pour accomplir des gestes ordinaires. Et je ne parle même pas de ce fauteuil qui...

Sait-on jamais quand cela commence et d’où cela vient ?

Dès le début est apparu ce hors-temps du train, du trajet, cet intérieur-extérieur, ce huis-clos en mouvement qui traverserait une partie de mon territoire d’enfance, la banlieue que j’avais quitté depuis longtemps mais qui, d’une certaine manière, ne me...

Cherchez la femme, vous trouverez l’auteur

Quand on aborde le roman, la question qui revient chez les lecteurs est souvent : comment vous est venue cette histoire ? Difficile de répondre sans étaler des certitudes, tout au plus peut-on livrer des versions successives. Passer deux ans sur un texte...

J’essaie de faire en sorte que mes romans me ressemblent

L’expression « romans populaires » est celle qui me plaît le plus pour parler de mes livres. Elle reflète bien mon lectorat très hétéroclite, comme je le constate avec les messages que je reçois chaque jour : moitié hommes, moitié femmes ; des fillettes de...

La résilience fait partie de moi

Enfant, j’avais une façon de m’évader dans l’imaginaire assez chronique. J’écrivais des bouts d’histoires et me fabriquais des livres « comme pour de vrai ». L’objet livre me fascinait déjà ! Après six années d’études supérieures en Arts appliqués à...

À l’origine de l’écriture

Saxifrage de Catherine Cremnitz -- maman -- a été pour moi à l'origine de l'écriture. Mon nom y apparait page 123 -- je me souviens de ces chiffres comme de prolégomènes -- auteur d'un poème reproduit en couleur, sur une feuille quadrillée d'écolière. Le...

Déterrer la joie

Le mot me venait en anglais : « glutted ». Je ressentais un trop-plein, mais vide de sens. Je n’arrivais plus à écrire depuis plusieurs années. Sentiment d’être parvenue au bout d’un système. J’allais me répéter à l’infini si je poursuivais ainsi. À quoi...

Un texte brasier

Je venais d’atteindre l’île de Stagadon en kayak. L’île est déserte, avec un refuge ressemblant à ceux des montagnes. Mon compagnon de bordée pêchait, j’ai préféré lire Noces de Camus au soleil. La mer se dressait en épines d’oursin. J’ai été impressionnée...

Un état d’abandon

Il faut rouler quelques jours vers l’Est pour retrouver l’origine d’Une immense sensation de calme. Je suis à Sofia, chez des amis. Un jour, ils m’embarquent pour une équipée au bord de la Mer Noire.   Nous arrivons sur une plage immense, frangée de...

Le rapport Jäger, funeste liste de 137.346 victimes, rédigé en 1941 par un colonel SS

Autant que je me souvienne, Pierre et moi avons toujours eu une forme d’admiration mutuelle. Moi pour sa curiosité, pour son courage lorsque ses enquêtes créaient polémique. Lui pour mes textes. Un jour de 2016, dans son bureau, il me confia qu’il avait...

Je SUIS feel-good… et je l’assume

Fait étrange mais néanmoins véridique, l’idée de ce roman m’est apparue un matin de Noël. Je me suis réveillée avec. Je l’ai laissé cheminer dans mon esprit dans la journée, profitant de trajets solitaires en voiture. Le soir même, je tenais les grandes...

Commencer par la fin

Avant même d’avoir une idée du sujet sur lequel je voulais écrire, ce qui a présidé la création de ce roman, c’est l’envie de raconter une histoire en commençant par la fin. L’envie d’écrire à rebours, en remontant dans le temps, de faire découvrir au...

Il s’est mis à vivre dans ma tête

En septembre 2016 on m’a proposé d’écrire un essai de 40 pages sur David Hockney, à paraître dans un livre illustré lors de la rétrospective à Beaubourg en 2017. Je le connaissais à peine. Son oeuvre (que j’ai découverte sur internet avant d’aller voir la...

L’événement est resté, la phrase a changé

Je viens de regarder sur mon ordinateur : la première trace de ce livre remonte à mai 2014. Comme souvent, des notes dans un carnet qui prennent corps jusqu’à la décision (qui fait un peu trembler) de passer dans un fichier. Il a toujours eu ce titre-là...

J’écrivais en baissant la tête

J’écrivais en baissant la tête, en m’excusant, j’avais été trop aimée par mon père. Il fallait que je me fasse pardonner. Un jour, c’était le 15 juillet 2015, j’ai compris que c’était ainsi, j’étais ainsi, que je n’avais rien à me faire pardonner, et j’ai...

Un discours lilliputien de la méthode

Je n’écris jamais sans cette double contrainte : de n’avoir rien à dire et de tenter de toutes mes forces de m’y tenir ‒ ce n’est pas si facile, l’intellect se rebiffe. Les idées, rien n’est plus éphémère – ce n’est pas que je n’en aie pas, que je ne porte...

Les gens qui doutent

J'ai découvert Robert McAlmon par hasard, dans un fonds d'archives en Bourgogne. Cet homme extraordinaire avait été tellement effacé des mémoires qu'il m'a fallu plus de dix ans pour retracer sa vie à la fois étincelante et fantomatique, des deux côtés de...

Parce que la réalité m’a mise K.O

Cher Cédric, Vous êtes le premier. Le premier à me demander ce qui se cache derrière ce roman, derrière le nom et le titre sur la couverture. À vrai dire, il s’agit d’un exercice qui n’a rien de facile pour moi. Pas seulement parce qu’il est nouveau mais...

Le roman est un outil de conviction

Mon mode d’expression habituel quand j’avais quelque chose à dire jusqu’à aujourd’hui, c’était les bandes dessinées ou les plaidoiries. Sauf que là j’étais arrivé à un moment de ma vie où ce que j’avais à dire nécessitait un support qui devait être un...

Un livre sans fin

J'ai commencé à écrire Le livre de la faim et de la soif en 2009. A l'époque, les prophéties étaient nombreuses, qui annonçaient la mort du livre, la fin d'une civilisation du papier, de la forme du codex. Ces prophéties sur la fin des temps - cet esprit...

Les silences qui naissent en lisière

L’autre jour, quelqu’un me demande à propos de Maria : pourquoi un tel sujet ? Pourquoi, si l’on veut parler de tensions, d’éclatement familial, avoir choisi quelque chose d’aussi radical que ce couple qui décide, après la naissance d’un enfant, de ne...

Je n’avais plus rien à lire

Je n'avais plus rien à lire. J'en avais marre des jolies histoires pour post instagram avec tasse de thé. Je cherchais un livre direct, tranché, rapide, décomplexé. Je ne trouvais pas. J'ai décidé de l'écrire moi-même. Je voulais un livre comme un bon (ou...

Je voulais écrire un petit roman anecdotique

D’abord, je voulais écrire un petit roman anecdotique, à propos d’une énigme policière jamais résolue (après deux livres épais sur de grands destins tragiques et douloureux, des histoires de malchance et d’injustice, j’avais envie de quelque chose de plus...

Du corps humain au World Wide Web

Le Off de mon livre, c’est ce grand carnet dans lequel je notais des idées, des données, des évènements, des renseignement sur des personnages à partir desquels se bâtissait l’intrigue. Un jour, je travaillais sur un point, puis un autre jour, sur un...

Ecrire à deux, ne faire plus qu’une

L’origine de notre livre Gabriële c’est : Ecrire à deux, deux soeurs, deux styles, deux voix, une enfance. Ne faire plus qu’une. Une somme, une quête, un écheveau qu’on débrouille, un chemin. Fabriquer un meuble à mille tiroirs, remplis de miroirs et de...

Ce que je fus ?

Si je veux retrouver la source de mes rivières infranchissables, alors il me faut aller puiser assez profondément dans le temps. Et tant pis si la nostalgie n’a pas vraiment la cote en notre époque furieusement en marche, laquelle se plait à y voir le...

Le jeu polyphonique des empêchées

Marie, treize ans, est enlevée et séquestrée. Tour à tour, le ravisseur et la victime racontent : lui ce qu’il croit être de l’amour, elle sa résistance intime, son acharnement à vivre. Cela vient de loin.  Lorsque je lisais ou écoutais les récits...

Compenser l’abîme par une élévation

D’abord, il y a le soupeur, qui vient à moi par la littérature et rôde autour de mon imaginaire pendant des années sans oser y entrer. Un jour, je me mets à écrire l’histoire d’une vespasienne, sur plusieurs générations, à partir de faits divers glanés...

À l’heure de la séduction low-cost

"La Malédiction de la zone de confort" est né du constat effrayant qu’aujourd’hui la vie tient à un pouce. C’est ce que j’ai réalisé en écoutant soirée après soirée des amis raconter ce qui ressemblait à une longue errance douloureuse sur Tinder. Un...

Partout, tout le temps, je remplis des cahiers

Fin 2015. A la télé, je tombe sur un documentaire consacré à la Belle Otero. Je suis fascinée par ce destin hors-norme. Cette femme charismatique est partie de rien et a réussi à ensorceler le tout-Paris et les têtes couronnées par de simples mouvements de...

Et le prochain roman ?

Je suis sorti épuisé de l'écriture de, Aux petits mots les grands remèdes, l'histoire d'un bibliothérapeute un peu étrange. J'avais beaucoup hésité quant à la forme du roman, à la narration, à l'identité des personnages...rien n'avait été facile. A la...

Ce n’est pas moi qui ai écrit Une femme que j’aimais

Ce n’est pas moi qui ai écrit Une femme que j’aimais, c’est précisé dès le début. L’auteur est un certain Claude Jansens que j’ai connu autrefois quand il approchait la trentaine. Un solitaire qui se fondait dans le décor, employé modèle, pêcheur à la...

Une façon de me perdre pour me retrouver

La Mille et Deuxième Nuit est née d’une série de coïncidences. Je n’avais absolument pas l’intention d’écrire un roman policier, encore moins historique. À l’époque, je peinais sur un roman d’amour qui partait dans tous les sens quand une de mes compagnes...

L’actualité rattrapait ma fiction

Mon roman est un cas classique, quasi psychanalytique, de pulsion meurtrière sublimée grâce à la littérature. Je regardais la télé. J’avais encore la télé à l’époque. Je ne me souviens plus du nom de l’émission, ni de la chaîne. Un jeune témoignait sur ses...

Je voulais écrire sur le silence

Parmi les milliers de disques que j’accumule, je dis j’accumule car il y a quelque chose qui relève plus de l’encyclopédisme que de la collection, il y a Blues Run The Game de Jackson C. Frank acheté il y a dizaine d’années, neuf chansons dans une pochette...

Dylan, génie à la limite de l’autisme

Après Jim Morrison et le diable boiteux, roman autour de l'amitié méconnue et destructrice entre le chanteur des Doors et Gene Vincent, le projet était de romancer une amitié constructive. Celle entre Bob Dylan et Johnny Cash me semblait toute indiquée....

D’où viennent les histoires ?

D’où viennent les histoires, dans le fond, et qu’est-ce qui nous pousse à les raconter ? En Haute-Savoie, par un chaud après-midi de juin, un couple de bons amis nous invite à séjourner pour le week-end dans leur chalet d’Entremont, un petit village proche...

Alors le paysage revient sous le regard

En commençant à écrire Mangés par la terre, je n’avais aucune idée précise. Seulement des sensations et un fait divers. Le plaisir et la tristesse mêlés. Le plaisir d’évoquer une terre, dans une région reculée, pour sa beauté, son intemporalité, et la...

Les choses s’imposent parfois

Pendant des années j’ai écrit des textes brefs. Je cherchais le condensé, le pudique, je cultivais l’ellipse. Jamais je n’aurais cru un jour m’embarquer dans un voyage au long cours. Les choses s’imposent parfois. On dit que le premier roman est...

La Corse est une personne

Pour ce roman, j’ai attendu huit ans avant d’être certaine que j’aimais la Corse pleinement, suffisamment pour risquer les critiques de mes amis, mes voisins, mes concitoyens. Huit ans, avant d’être sûre que je pouvais tout aimer, le bon comme le mauvais...

Le déclic du divan rouge

C’est le jour des résultats du bac. Ma fille rentre à la maison. Elle ne vient pas me dire bonjour, elle part s’effondrer sur le divan rouge du salon. Je la regarde de loin. J’attends. Elle ne bouge pas, la tête plongée dans l’un des coussins. Peu à peu je...

Elle n’a pas de voix, Laura

« Pourquoi tu ne la fais pas parler, elle ? » 2015. J'ai écrit un texte court, « Elle, une marionnette », je l'ai écrit très vite, en trois ou quatre fois peut-être, et je ne le retoucherai quasiment pas. Mais il est trop court pour être publié ainsi. Mon...

Je sens, je m’inquiète, je m’amuse

Depuis l’enfance, une faille me divise par deux, laissant à la droite de mon corps et de mon esprit une couche terrestre et stable, et à leur gauche, une couche imaginaire, flottante. Je vis entre les deux, à cheval, passant parfois mes deux pieds à...

Pour porter un coup, je l’espère, à la résignation

Il y a des thèmes qui jalonnent mon travail de romancière : l’aliénation et la liberté sont les plus prégnants je pense. Et lorsque j’ai commencé à réfléchir à mon troisième roman, m’est venue l’idée d’une société dans laquelle le travail, superbe source...

L’écriture de ce roman est née d’un choc verbal

L’écriture de ce roman est née d’un choc verbal. J’étais à l’époque suivie dans un hôpital de jour, je devais participer à des séances d’Entraînement aux Habiletés Sociales. J’étais fascinée par cet intitulé, avec ses majuscules. Ces mots sonnent de façon...

Embellir la souffrance par les mots

Au départ, comme pour mon précédent livre, il y a ce besoin d’écrire, généreux, bouleversant, et douloureux quelques fois. « Le décor des maux », il faudrait l’appréhender comme un désir, un sursaut de vie. Son écriture est née lors d’instants de mon...

Reconcilier ses personnages

Je ne pensais pas du tout que j’écrirais un deuxième livre. C’est arrivé par surprise un jour d’octobre dernier. J’ai rédigé la première page, spontanément, puis toutes les idées, impressions, scènes qui m’habitaient depuis un moment, sans que je m’en...

Comment lui dire

Je me suis longtemps considérée comme muette. Pourtant, je parlais, pas le choix, tout de cette vie nous y oblige, mais dans le fond je sais bien que je ne disais rien, je ne racontais rien, je me taisais à l’intérieur de moi. Muette, c’était devenu mon...

Plonger et respirer à nouveau

Le Off de La Grande Roue reste un mystère. Pour mes précédents livres, un processus régulier s’était mis en place. Une longue période de grossesse, souvent plus d’une année, et un accouchement sur le papier de quatre à six mois. Mais là, je n’ai rien...

Pourquoi je n’écrirai pas sur « Le fils perdu » !

Les personnes qui me côtoient diront, je l’espère, que je suis une personne affable avec laquelle il est aisé de communiquer. J’aime parler avec les gens. J’aime écrire également autre condition essentielle dès lors que l’on passe plusieurs heures par jour...

Où sont les femmes ?

Où sont les femmes ? Chanson envoûtante de Patrick Juvet. C’est bien ma question, permanente. Elle me gratte comme un bouton. Parce que ça me demande, du coup, et moi, où je suis ? Est-ce que je suis à ma place ? Elle est où ma place ? Et ça me renvoie aux...

Le sang vif d’une adolescence étouffée

C’est chaque fois la même chose. Le même coup au cœur, la même excitation. Ça commence par quelques mots, trois fois rien et c‘est la multiplication des pains, un rêve qui ne sait rien de lui-même, qui se déroule inexorablement, se révèle dans sa...

Au commencement était le titre

Au commencement était le titre. Je commence toujours par le titre. Le fond d’écran de mon ordinateur est ainsi constellé de petits dossiers (vides) portant chacun un titre, autant de points de départ qui ne mèneront peut-être nulle part mais qui...

Tu devrais en faire un livre

« Tu as vécu tellement de choses, tu devrais en faire un livre », étaient les mots des quelques personnes de confiance à qui je racontais des bribes de ma vie. Il y a quelque chose d’angoissant à livrer les pans de cette vie, par où commencer? Par...

I wanted to kill off characters in a way not done before (traduction)

DNA is the first book of a new series and as such it was fantastic to write. Every character was starting out on their journey through the pages, with no baggage from previous, older books and thus the opportunities were endless. Before starting I had made...

Mon défi est d’entrer dans le désir d’une femme

Je m’en souviens très bien. C’était un samedi matin, j’ai regardé mes trois filles réunies dans le salon et je me suis dit : c’est incroyable, j’ai trois enfants et cela n’a jamais été un sujet pour moi de pouvoir en avoir ou pas.   À partir de là, je...

Décrire sans rien inventer

La fille à la voiture rouge est un roman directement inspiré d’une histoire que j’ai vécue entre 2008 et 2014 avec une étudiante de la Sorbonne, de 19 années ma cadette. Ce roman renoue avec la veine autofictionnelle délaissée ces dernières années.  ...

J’étais emmerdé

L’été dernier, j’écrivais à Bernard Barrault mon éditeur un sms un peu emmerdé où j’essayais de lui dire, sans lui dire vraiment, que je n’avais pas avancé sur le roman que je lui avais promis. Je sais que cette formule peut paraître bizarre, mais il me...

Ramasser au sol ma dépouille de Mère

 «Putain que ça fait mal. Ma peau s’épaissit, une crête me pousse au sommet du crâne, une femme-lézard apparaît. La femme-lézard ne parle pas, elle grogne. Elle n’a ni pudeur ni dignité. Elle veut que le bébé sorte de son ventre.»   J’ai écrit ce...

Je collectionne vingt-deux lettres de refus

Je suis linguiste de formation. Mon premier roman était basé sur une étude imbittable, enrobée avec une histoire policière. Je l’ai envoyé à diverses maisons espagnoles (à l’époque je vivais à Madrid), qui l’ont refusé de même que le suivant sur une...

Et alors ?

"Et soudain, la liberté" est né d'un rendez-vous, bien sûr un rendez-vous, puisqu'il n'y a pas de hasard (Eluard). Celui d'une éditrice et d'une auteure ; celui de deux amies qui ne se connaissaient pas encore, quoique la vie les ait déjà, par un miracle...

La différence est une force. Un superpouvoir même

Avec le Monde de Tom l’Éclair, j’ai voulu plonger le lecteur dans le quotidien de Tom, un enfant différent dans les années 60. Opter pour l’enfance et les années 60, ce n’était pas pour moi faire le choix du repli nostalgique vers un soi-disant vert...

Tes clients sont étranges, mais toi ?

Au fond, j’écris toujours sur quelque chose qui m’échappe, qui m’étonne, que je ne comprends pas. Or tout m’étonne, et surtout et d’abord le fonctionnement humain. Par exemple, notre aptitude à nous fabriquer des limites, des prisons mentales. Le salariat...

J’ai toujours adoré les histoires d’espions

J’étais attelée à l’écriture de mon premier roman « Le journal de Mary », lorsque, dans un moment de désespoir – je découvrirais plus tard que tous les écrivains connaissent ces montagnes russes émotionnelles où l’on alterne entre des périodes d’intense...

Allez, je dis tout !

Allez, je dis tout. Ma mère est décédée en Juin 2014, des suites d’une maladie qui lui avait fait perdre une partie de la mémoire et de son rapport au réel, à son entourage. J’ai assisté pendant un an à la lente dégradation de sa conscience et à mon...

Et puis Penelope est arrivée

Cela fait trente ans que j’écris. Je suis journaliste. J’ai beaucoup réécrit aussi. Mais un livre, non vraiment merci !   Et puis Penelope est arrivée. Pas sur son cheval comme Zorro (et pourtant elle en a plein des chevaux, Madame Fillon). Le...

En love mineur

La nouvelle, j’en avais fait le tour. Après cinq recueils et plus de soixante-dix textes, je pensais qu’il était temps de passer à autre chose. D’explorer d’autres territoires, de relever d‘autres défis. Mais après « Nous dormirons ensemble », un accident...

L’envers de la fortune

Quand elle passe les grilles du château, l’étudiante découvre un monde de luxe et de raffinement, à mille lieux de son quotidien dans le sous-sol humide d’un pavillon. « Mathilde le sait, si elle rate sa deuxième année, elle passera directement du pôle...

La même interrogation depuis des années

Je pense que l’écriture de ce roman est née de la rencontre d’au moins deux choses. Il y a d’abord eu cette vieille interrogation qui me suivait depuis des années et qui était parfois presque douloureuse. Pourquoi certaines personnes semblent-elles...

Un livre sur la résilience

Au départ, il y a une situation de maltraitance professionnelle vécue de près, dans ma sphère personnelle. Et puis, parce que je côtoyais ça au quotidien et que j’en parlais autour de moi, la prise de conscience que c’était sans doute beaucoup plus répandu...

En me jetant dans la Seine, j’ai plongé dans l’écriture

« Joyeux suicide et bonne année ! » mon premier roman est né de deux drames séparés. L’un date du 16 mai 2014, jour où j’ai du sauter dans le canal, quai de Seine, pour sauver un suicidé de la noyade. Le second, plus flou, s’est produit quelques mois plus...

Il fallait que j’aille au bout

Ce livre est né sur les rives du bois de Boulogne, entre deux foulées avec un ami joggeur qui me confiait son intention de réaliser un documentaire sur Hitler et les salopards qui l’entouraient. Je lui ai parlé de Magda Goebbels, célèbre épouse du...

Les personnages qui nous font

Il existe, dans une région montagneuse des Balkans, une tradition fascinante : celle des vierges jurées. Ces femmes font le sacrifice de leur sexualité et de leur maternité pour obtenir les droits et les devoirs des hommes. La littérature, lorsqu’elle fait...

Pisse-froid s’abstenir

De quoi demain sera-t-il fait ? est l’axe autour duquel se décline J’envisage de te vendre (j’y pense de plus en plus). J’imagine que cette interrogation universelle a pris corps avec les premières manifestations de la réflexion créative chez Sapiens...

Traquer l’ombre sous la proie

État des lieux   Je crois qu’aussi longtemps que je m’en souvienne on ne m’a pas laissé le choix. Je devais être forte. J’ai dormi longtemps avec, au-dessus de mon lit, un tableau censé énoncer les caractéristiques de mon prénom : il semble qu’Astrid,...

Pas de progrès sans erreurs

Écrire, c’est avant tout réécrire. Au moment où j’écris une deuxième version du texte que vous allez lire, une idée lumière m’est apparue. Le genre d’idée qui provoque une sensation de plénitude. Le temps ralentit, et le monde paraît soudain plus lisible....

Ce roman est né d’une insomnie

Avant de devenir un texte, « David Bowie n’est pas mort » a d’abord été une longue insomnie, débutée au printemps 2015. Ma mère est décédée subitement à cette époque, et durant de très nombreux mois, chaque soir, dans mon lit, je me repassais le film de...

Un roman d’amour sur l’amitié

Ma meilleure amie est réalisatrice de films. Un jour elle m’a dit : écris-moi un livre que je pourrais adapter au cinéma. Je n’ai même pas cherché : j’allais écrire sur nous, sur l’amitié qui est un sujet vers lequel je suis toujours allée en tant que...

Un appel sans destinataire

Les années passant, tu ne cesses d’être saisie par le mystère que représentent, pour toi, les visages de tes proches. Un mystère qui va en s’épaississant, et plus tu en apprends sur ceux qui t'entourent, plus te frappent leurs points aveugles, leur...

Pour la première fois, je ne parle que d’émotions et d’amour

  Cela faisait un moment que je voulais travailler sur un texte dans lequel l’Histoire serait absente. L’Histoire avec un grand H. C’est ce que j’avais fait jusque-là, et je voulais me colleter à un texte dans lequel seule l’histoire des personnages...

J’ai grandi au rythme des personnages

Marquée par mes propres expériences dans l’entreprise, nourrie également d’ethnologie et de sociologie durant mon cursus, je tente de déchiffrer à travers la fiction les mécanismes qui vont de pair avec ce que l’on nomme « la génération Y », les personnes...

Comment sont nés mes oiseaux morts

« Il faut que je retrouve la citation exacte de ce plumitif du XVIIIe siècle (l’abbé Pluche, je crois) que j’ai mise il y a bien des années en exergue à un de mes livres : “Je ne sais rien sur ce sujet, il est temps d’en faire un livre.” » — Patrick...

Le temps qui passe est au cœur de ce roman

Les titres de travail des romans ont leur importance. Ils sont un peu comme ces noms secrets murmurés à la lune à la naissance d’un enfant dans certaines régions d’Afrique. Ils ne sont connus que de leurs parents, et disent tout de ceux qui le portent. En...

Les sœurs savantes

De Marie Curie, je savais cela : naissance en Pologne, installation en France, chimiste. Pierre Curie. Deux Prix Nobel, et le Panthéon. Dans ses biographies, une phrase : « Elle quitte Varsovie, et rejoint sa sœur Bronia à Paris. » Diantre ! Sa sœur à...

Ma rencontre avec Proust

Je ne sais pas pourquoi mais je me souviens de ma rencontre avec Proust. Ou, pour être plus honnête, plus franc, je sais très bien pourquoi je m’en souviens. Il y a avait une bibliothèque municipale sombre et poussiéreuse. Une vieille bibliothécaire, myope...

« Tu n’as pas un corps de femme »

« Tu n’as pas un corps de femme ». Le livre est né de cette phrase, jetée après une dispute, ouvrant la porte à une rupture. Il faut croire à l’élan créateur pour dire la plénitude de l’existence, la beauté des choses, la douceur des êtres. Il faut aussi penser que...

L’oppression des femmes abaisse aussi les hommes

Au départ, je voulais écrire une nouvelle sur le thème: " 24h de la vie d’une femme " (titre hélas déjà pris), avec cette particularité que la femme en question, ce serait une jeune femme intelligente, vive, cultivée mais qui passerait cette journée...

Je pratique une littérature du passage

Je pratique une littérature du passage. Dans tous mes livres, les personnages arrivent et repartent. Ils passent à travers des univers de toutes sortes, ils passent à travers eux même. Et dans ces passages, il n’est pas écrit à l’avance que certains êtres...

La honte, ce dégoût de soi lui nouait les entrailles comme une mauvaise colique

Le cœur du Chemin des fugues ?   Une histoire d’amour. Ou plutôt le refus d’une d’amour entre Chaunier, un journaliste sexagénaire en fin de carrière, communiste à l’ancienne, échaudé par ses précédentes expériences affectives et l’Orangée de Mars,...

Serais-je capable un jour de trouver d’autres histoires à raconter ?

Après une année émotionnellement dense (le décès de ma grand-mère paternelle, suivi du vide et de la vente de sa maison, mais aussi de la publication de mon premier roman), j’ai éprouvé le besoin, en ce début d’été 2017, d’entreprendre un grand nettoyage...

J’ai mis un peu de moi dans chacun des personnages

Une Ile sans nom, une maison de verre et d’acier au-dessus d’une falaise, une famille, les Mortemer, où seules les femmes ont survécu. Coupables ou victimes ?   Devenir plusieurs femmes à la fois, un défi insensé.  L’idée de ce roman est née de mes...

Robert Desnos, le poète retrouvé

Légende d’un dormeur éveillé a pour « matière première » quinze ans de la vie du poète Robert Desnos. Je voulais le présenter aux lecteurs et lui rendre sa dimension de héros légendaire, faire revivre le Paris des années 30 et ses nombreux amis : de Aragon...

L’enfance de ma mère

Alors, je me lance: au départ, tout au départ de L’enfant-mouche, il y a l’enfance de ma mère. Ma mère a vécu une enfance très étrange, une histoire qu’elle nous racontait lorsque nous étions, mon frère ma soeur et moi, enfants. Il y était question...

L’ART DU DÉPLI

Je passe mon temps à une activité dont personne ne voit l’utilité. Un vieil ermite japonais, maître en origami, rencontre un jeune horloger italien au projet démesuré. Je fais sans doute comme vous : je passe mon temps à une activité dont personne ne voit...

Être résumé par sa différence ?

Dans quelle mesure un handicap ou une différence nous définit-il ? Comment est-ce que l'on peut vivre en étant "résumé" par sa différence ? Quelle image la société nous renvoie-t-elle de nous-même ? Tout commence peu avant le sixième anniversaire du...

On devient écrivain avec ses personnages

La Révolution est un objet littéraire passionnant. Celle qui aboutit à la chute du Chah d'Iran en 1979, va bouleverser l'équilibre du monde et offrir la zone sombre que Nuit persane tente d'explorer. J’ai dû commencer par étudier dans le détail historique...

Un roman total sur la naissance

Cela fait une quinzaine d’années que je m’intéresse à la question de la naissance. Il y a quinze ans, discutant accouchement avec une amie allemande préparant des études de sage-femme, j’ai été stupéfaite de constater qu’un même acte pouvait être perçu à...

Recommencer, tout changer, mettre de côté, renoncer

Il y a un peu plus d’un an, je constituais un dossier pour demander une bourse dans le cadre d’un programme régional de résidences d’écrivains. Je souhaitais travailler sur la mémoire avec des enfants, dans une école maternelle et écrire le récit, à...

Les eaux troubles de la violence et des rêves brisés

Au commencement est la commande. Laure Mi Hyun Croset, écrivaine genevoise, me parle de la collection « Uppercut » que lance Giuseppe Merrone et sa maison d’édition, BSN Press, à Lausanne. Il s’agit de mêler sport et littérature, si possible dans un...

Lou, petite syllabe de feu

Une rencontre de hasard, et quelques jours aux confins de la folie amoureuse avec Lou, violoncelliste lancée dans la vie à crête de flamme. Contre le haut mal insidieux qui nous gangrène jusqu’à l’apathie, donnez-nous aujourd’hui Le mal des ardents, ce...
À propos

J'envisage de te vendre

Frédérique Martin

Belfond

De quoi demain sera-t-il fait ? est l’axe autour duquel se décline J’envisage de te vendre (j’y pense de plus en plus). J’imagine que cette interrogation universelle a pris corps avec les premières manifestations de la réflexion créative chez Sapiens Sapiens et que, depuis, elle ne nous a plus lâchés. Le désespoir des roses, est la nouvelle fondatrice qui donne le titre du recueil. Elle m’est apparue alors que je recevais le Prix Prométhée de la nouvelle. La première phrase s’est imposée : L’autre jour, j’ai vendu ma mère. C’était à Lourdes – faut-il pour autant en tirer des conclusions spirituelles hâtives ?

 

Entre temps, d’autres livres se sont écrits, d’autres projets ont vu le jour. Le texte restait en filigrane et suivait sa propre voie. Première publication dans la revue  Brèves, traduction au Brésil dans la revue Arte y letra, lectures publiques. En souterrain, la cuisine s’élaborait à mon insu : des chroniques radios en prises avec l’actualité et les grands thèmes de société ; ma collaboration avec une anthropologue ; une éditrice friande de nouvelles ; la lecture de La Servante écarlate de Margaret Atwood… et tant d’autres petits cailloux qui, tous, me conduisaient à écrire ce livre.

 

De quoi demain sera-t-il fait ? Douze probabilités, douze explorations du possible. Et si les femmes ou l’eau, venaient à manquer ? Si on vous obligeait à jouer ? Si les monothéistes du monde se donnaient la main pour mieux nous gouverner ? Si on lâchait la bride à la justice populaire ? Et si, et si…

 

Une fois le recueil publié, il a refusé de se figer dans une forme. Il a débordé de toutes parts, en court-métrage, adaptation radiophonique, spectacle transmédia, lecture théâtrale, improvisations, artlab... Une traductrice irlandaise s’est emparée du recueil. Bientôt The Despair of roses paraîtra dans la revue Asymptote.

 

De quoi demain sera-t-il fait ? Pour moi, d’une seule devise : Bouilleuse de cru étudie propositions de la vie – Pisse-froid s’abstenir.

 

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